Contrepied de http://dianelebelblog.wordpress.com/2012/10/14/essai-1-la-bande-fm/

Dans le domaine des communications, comme dans tous les autres, les professionnels ne peuvent être en accord sur tout. Dans un premier temps parce que plusieurs métiers sont regroupés dans ce champ d’études; le fait d’adopter un point de vue de publicitaire, de relationniste ou de journaliste change radicalement la façon de percevoir le rôle de la communication publique et les moyens de faire passer son message. Dans un deuxième temps, même pour deux professionnels travaillant dans le même champ d’action auront des décisions différentes a prendre. Prenons l’exemple de deux relationnistes, voulant lancer un message dans l’espace public;  de quel type de message s’agit-il? Quel est le type d’organisation pour lequel il travaille? Quel est son public cible? Quelles sont ses préférences en matière de médias ? Tous ces aspects, en plus de l’expérience et de la personnalité du communicateur, font que les divergences d’opinions dans ce domaine sont fréquentes.

C’est dans cette optique que j’élaborerai une critique du point de vue d’une de mes collègues, étudiante en communication elle aussi. Ma critique est en lien avec un essai qu’elle a écrit sur la radio et sur son rôle dans la communication publique. Ce texte a été écrit dans le cadre de notre cours Communication et Changements technologiques. L’auteure est donc une partenaire de classe et je critiquerai son essai dans l’esprit le plus respectueux possible.

Mais commençons par le commencement, à savoir de quoi cet essai parle t’-il plus exactement? Tout d’abord, l’étudiante commence avec une définition complète de ce qu’est la radio, de la différence entre le AM et le FM et en quoi consiste précisément la modulation de fréquence. Elle enchaine ensuite avec un résumé de la technologie radiophonique; comment celle-ci s’est implantée aux États-Unis, comment elle s’est popularisée, comment les inventeurs de l’époque en sont arrivés à cette nouvelle technologie. L’étudiante enchaine ensuite avec le mode de financement des radios et la forte dépendance de celles-ci pour les publicitaires. Elle nous parle d’un phénomène bien connu dans le domaine des communications; le manque de fonds des médias, et tout particulièrement de la radio, qui est gravement touchée. Après ce résumé de leurs situations financières, l’auteur parle du rôle important de la radio dans les pays émergents, et de comment celle-ci peut devenir un aide à la démocratie. Elle enchaine finalement avec une longue critique des talk-shows radiophoniques populaires, en nous donnant en exemple l’histoire de Jeff Fillion et de CHOI-FM qui furent, il y a quelques années, dans l’eau chaude pour des propos irrespectueux de Monsieur Fillion.

Personnellement, je suis en désaccord avec de nombreux points et je déplore certaines lacunes dans cet essai. Tout d’abord, l’auteure nous explique que les premières émissions de radio FM sont apparues aux États-Unis dans les années 1940. Or, selon le site de l’UNESCO, les premiers balbutiements de la radio remontent aussi loin que 1922, date de la création de la British Broadcasting Company. (UNESCO, 2012.) De plus, l’auteure a selon moi oubliée le point de plus important de cet essai; y mettre un lien réel avec la communication publique et adopter le point de vue d’un professionnel des communications. En effet, nulle part dans son texte est indiqué de quelle façon un journaliste, un publicitaire ou encore un relationniste peut se servir de la radio afin de faire des communications publiques. Bien qu’elle nous décrive les avantages et les inconvénients de ce média, jamais elle ne l’applique concrètement dans notre champ d’expertise, et personne ne saurait en lisant ce texte qu’il a été écrit par une étudiante en communication.

Afin donc de réaliser une critique concrète et en lien avec le travail qui nous ait demandés, j’expliquerai pourquoi la radio est un média très intéressant du point de vue des relations publiques. L’étudiante, dans son texte, se contente de parler des avantages et des inconvénients de la radio, mais elle oublie que ce média donne plusieurs publicités aux communicateurs, et de mon point de vue, aux relationnistes. Il convient tout d’abord de préciser que, contrairement à ce que l’auteure semble croire, la radio québécoise n’est pas majoritairement composée de talk-shows à saveur vulgaire et dépourvue de contenu. Il est vrai que certaines stations (entre autres CHOI-FM) ont une programmation plus axée sur l’humour (parfois vulgaire) et l’opinion, mais le portrait que donne l’auteur des radios me semble trop généraliste. Celle-ci oublie très certainement la radio publique, allant chercher un tout autre type de public et diffusant un tout autre type de contenu. « Loin de céder à une commercialisation de ses contenus, la radio publique a affirmé son mandat citoyen en axant sa programmation autour des grands événements d’actualité. Cette stratégie, qui n’est pas nouvelle, commence à porter fruit.» (Ngûyen-Duy, 2012.) Il ne faut pas oublier ce marché, qui est très intéressant et populaire, Québec étant une ville universitaire et composée en majorité de bureaucrate et de fonctionnaires. Je crois personnellement que lorsqu’on fait la critique d’une technologie, il est important de ne pas se contenter d’observer une seule facette, mais bien celle-ci en entier.

Comme je le mentionnais plus tôt, la radio est une technologie très intéressante du point de vue des relations publiques, et ce, pour de nombreuses raisons. Premièrement, la radio est très flexible. Les sujets abordés sont très diversifiés et versatiles. « La segmentation du marché recèle un grand nombre d’occasions pour qui sait cibler et persévérer. Qu’il s’agisse de la santé naturelle, du sport amateur, de la psychologie ou de la technologie, en passant par la chasse et l’automobile, on trouve à la radio une plus grande diversité de contenu que partout ailleurs, souvent traité en profondeur au profit d’un auditoire très fidèle.» (Perras, 2012) En plus de couvrir un grand nombre de sujet, la radio permet, entre autres, de rejoindre les gens en région plus éloignée, de changer rapidement son contenu par son absence de date de tombée et atteint la plupart des travailleurs dans leurs voitures ou au bureau.

En fouillant sur la toile, j’ai réussi à dénicher un bijou de campagne à la radio. Il s’agit d’une initiative de la caisse populaire Desjardins afin de sensibiliser la population québécoise à l’utilisation excessive de papier. (écouter le spot radio ici) En plus d’utiliser la radio pour faire passer son message, l’organisation invite les gens à aller sur un microsite web, spécialement fait pour l’occasion, afin qu’ils sachent s’ils sont ‘aimés’ par la nature, de par leurs actions pour l’environnement. J’ai trouvé cette idée ingénieuse pour de nombreuses raisons ; premièrement, la caisse Desjardins fait passer son message premier en donnant ses documents en version électronique et en créant de l’affluence vers son site accès D. Deuxièmement, l’entreprise fait parler d’elle par sa publicité comique et par son site internet interactif. Troisièmement, et c’est ce point qui est davantage un aspect des relations publiques, Desjardins vient augmenter son capital de sympathie avec cette campagne. En effet, comme aujourd’hui chaque organisation se doit d’agir en ‘bonne citoyenne’ afin de maintenir une bonne image auprès de ses publics, le fait de créer une campagne de type environnementale plairait certainement aux Québécois, qui apprécieront davantage Desjardins. En augmentant son capital de sympathie, une entreprise s’assure de fidéliser ses publics et désamorce de futurs scandales qui pourraient affliger sa réputation.

De par sa spécificité et sa flexibilité, la radio est définitivement un média utile à la communication publique. Et contrairement à ce que l’auteure de l’essai que je critique affirme, je crois qu’il faut considérer les radios non pas comme un média de ‘populisme’ et de talk-shows, mais plutôt comme un moyen de rassembler tous les travailleurs à un moment ou un autre de la journée. Seul bémol à cette situation ; le sous-financement de la radio. Malheureusement, celle-ci est souvent contrainte à ajuster son contenu afin de plaire au maximum de gens, ce qui plaira à un maximum d’annonceurs, ce qui paiera la création de contenu, etc. Ce cercle vicieux, il est possible de le briser, par le financement des gouvernements. Hélas, il semble que la culture soit de moins en moins une priorité de notre gouvernement fédéral, qui concentre davantage son budget sur notre défense nationale que sur notre culture générale, selon moi tellement plus importante. Il serait intéressant de trouver une autre façon de financer les radios. Peut-être un jour les entreprises privées seront prêtes à débourser certains montants pour faire vivre les radios de leurs villes ? Et même encore, est-ce que le contenu de ces radios serait automatiquement ajusté aux idéologies des organisations qui les nourrissent financièrement ? Cela reste à voir, et je suis généralement optimiste ; je crois que certaines organisations peuvent avoir à cœur la culture québécoise, non pas pour s’enrichir, mais simplement pour le bien-être collectif.

Si le fonctionnement de la radio (au niveau plus technique) vous intéresse, je vous invite à visionner le documentaire La Radio, comment ça marche? Qui nous montre les dessous de ce média, son histoire et son fonctionnement au quotidien. Afin de vous intriguer davantage, voici un extrait de ce documentaire français.

 

 

 

 

Bibliographie :

 

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